7. Un Monde scientifique cohérent en massothérapie
Hiérarchie des massothérapeute en massothérapie
Il ne devrait pas y avoir de hiérarchie des techniques que tel est meilleur qu’un tel en massothérapie, mais plutôt de tenter de donner du sens et de créer un système cohérent et viable au sein de notre communauté. D’ailleurs, si j’évoque un système cohérent et viable en massothérapie, il serait temps d’y aller plus en détail.
On pourrait se faire des accroires et se dire que tout est possible, que tout se vaut, que tout est relatif et que les gens qui ont une posture la plus arbitraire et qui ont une foi aveugle en leur technique sont les bienvenues. Je crois cependant qu’il n’en est aucunement question. Selon moi, l’exigence doit être omniprésente, car la création d’un monde est une activité à risque.
De plus, en tant que massothérapeutes, nous sommes témoins des histoires de notre communauté, ainsi que celles de nos clients qui regorgent de mondes immondes. Créer un monde, une communauté ou un système cohérent demande de la raison et de la responsabilité et le faire est une activité extrêmement difficile. La preuve, cela fait plus de 30 ans que des organisations tentent d’implanter un système cohérent, mais, en vain.
Le massothérapeute responsable
Prendre en considération la massothérapie comme étant un monde scientifique cohérent parmi les autres, est, à mon avis, quelque chose qui ne devrait pas offenser, bien au contraire. Il faudrait reconnaître le massothérapeute comme ayant une capacité de création que bien souvent d’autres lui dénient, et ainsi lui donner des responsabilités afin qu’il puisse façonner et partager son réel.
Il est évident, à mon avis, que le réel et la vérité ne se révèlent pas seulement par le prisme de la massothérapie et bien sûr que tous et chaque professionnel veulent chérir les vérités émanant de leur communauté. En fait, la quête de la vérité serait en quelque sorte le mot d’ordre pour chaque discipline.
Le milieu où l’on se retrouve, nous oblige à penser dans sa propre catégorie. Ce style de découverte de la science, certains la présenteraient comme étant l’accès à la vérité. Je pense que c’est une façon d’entrevoir le réel comme étant très naïf parce que si le massage suédois représente l’entièreté de la massothérapie, cela voudrait dire que le point de vue artistique, spirituel ou énergétique du massage devrait être tout autant légitime.
Les sirènes, les haïkus, les quarts de ton et les électrons ne vivent pas dans le même monde pour Nelson Goodman. Ce que je veux dire, c’est qu’au sein d’une même organisation la vérité d’un sujet peut être pertinente tandis que dans d’autres environnements, selon différents points de vue, le sujet peut être délesté à une interprétation plus générale sans pour autant être moins contraignant. Par exemple, un client qui souffre d’inflammation d’un membre inferieur due à un diabète pourrait contrôler son taux de sucre (alimentation), prendre des médicaments pour le pancréas (endocrinologie) et pratiquer le drainage lymphatique (massage).

La communauté scientifique
Il faut que notre système de massothérapie puisse maintenir l’exigence de la rigueur et perdurer par la correction, l’adéquation et la mise en commun des connaissances afin que tout cela soit fait pour essayer de se rapprocher de la vérité. Durant ce processus, il n’est aucunement question, sans l’ombre d’un doute que nous puissions faire l’éloge du faux et du mensonge.
Le massothérapeute doit contribuer à construire une science, une réalité, et ce, sous contrainte et que cette science ne soit pas la seule et l’unique régulatrice de ses vérités.
En massothérapie, le concept de vérité pourrait être dans certains cas être étouffant, voir même violant, puisqu’il en fermerait le champ à de nombreuses possibilités et interdirait certaines voies d’exploration ou pourrait être contraignante en empêchant les libertés qui pourrait amener l’émergence de nouvelles idées et de nouveaux concepts.
Je crois qu’il y a une erreur majeure à ne pas faire, qui consiste à dire que la science est du côté des faits et que de l’autre côté, les autres rapports au réel, tel que la spiritualité nierait les faits. Comme si la science serait du côté de la chute des corps et de l’autre côté, la spiritualité ferait partie des esprits volants.
Tout le monde sait que les corps tombent, même les gens qui ont un rapport non scientifique, avec le réel, le savent et ne nient pas la chute des corps, personne ne nie que s’il tombe du 10e étage de la Tate Modern de Londres qu’il va mourir. Cependant, ce que ces gens nient c’est la manière scientifique qui représente la chute.
Ce texte est inspiré d’Aurélien Barrau.
Retour sur le premier article: 1. La massothérapie et la médecine au Québec