Lors de promenade dans les chantiers battus du Nord du Québec, il n’est pas étonnant de rencontrer une grande variété d’animaux et de végétaux. Rien de bien inoffensif. Mais si vous vous retrouvez face à un ours noir, quelle serait votre réaction ?
Un événement se produit.
C’est la mi-juillet et vous remplissez paisiblement votre casseau, pour ne pas dire vos nombreux casseaux, de bleuets au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un bruissement à proximité attire votre attention. En levant la tête, vous réalisez qu’un ours noir, situé à quelques pas de vous, est venu pratiquer la même activité que vous, soit récolter ces savoureuses baies. Une chance, il ne semble pas encore avoir remarqué votre présence.
Tout votre corps semble paralysé, un seul mot domine votre esprit : DANGER! Que se passe-t-il réellement dans votre cerveau? Les organes de la vue et de l’ouïe perçoivent l’ours, puis envoient des influx nerveux au cortex cérébral afin que nous soyons conscients de ce qui nous entoure. Ici c’est l’ours. En résumé, par des influx nerveux, vos sens donnent l’information à votre cortex cérébral, qui est en quelque sorte le siège de notre intelligence, de la nature de l’événement. Ce dernier nous rend conscients des événements et la décision qui suivra sera prise par le cortex préfrontal.
Maintenant que nous savons qu’il y a un ours à côté de nous, il est maintenant temps de réagir : fuir, demeurer immobile, faire du bruit ou pleurer ? Quelles structures cervicales permettront de prendre cette décision?
Le cortex cérébral transmet alors l’information par influx nerveux à une structure du cerveau nommée l’hippocampe qui donne une valeur à l’événement et l’emmagasine dans sa mémoire.
Pour maintenir le propos léger, nous trancherons la valeur émotive en opposition: nous parlerons ici d’un stress émotif ou d’un événement de détente.
Dans la continuité du traitement de l’information de l’ours, l’hippocampe « cherche » dans sa mémoire des informations passées, similaires à une situation déjà vécue, afin de donner une valeur à l’événement, soit celui de la rencontre avec l’ours.
Ensuite, l’hippocampe communique cette nouvelle information par influx nerveux à une autre structure du cerveau : l’hypothalamus. Une fois que l’hypothalamus est informé de la valeur donnée à l’événement par l’hippocampe, il transmet l’information aux organes. Sa réponse modifie la physiologie et le fonctionnement de nos organes.
L’hypothalamus est un centre psychosomatique, ce qui veut dire qu’il fait le lien entre l’interprétation de la valeur donnée à l’événement créée par l’hippocampe (soit le stress ou la détente) et les organes, en leur transmettant l’interprétation de l’hippocampe et en affectant leur fonctionnement.
Par exemple, la peau du visage deviendra rouge lorsque nous sommes gênés ou lorsque nous sommes honteux. Il faut comprendre que l’interprétation de l’événement est influencée par plusieurs facteurs, dont, entre autres, le tempérament de l’individu et de ses acquis culturels.
Dans le cas de la rencontre imprévue avec l’ours noir, il y a de fortes chances que vous viviez une situation de stress. À moins qu’il ne s’agisse de Yogi.
Ce centre psychosomatique influence le système de conduction cardiaque qui est le système nerveux propre au cœur. Il est responsable de son rythme et de ses battements. Il est influencé par le système nerveux et par la valeur donnée à un événement par l’hippocampe. Toutefois, le système de conduction du cœur peut fonctionner indépendamment du système nerveux. Il a une certaine autonomie; un certain automatisme.
Ainsi, si la valeur donnée est un stress, l’hypothalamus stimule ou informe, par influx nerveux, le bulbe rachidien. Ce dernier est, entre autres, soumis aux volontés de l’hypothalamus. C’est par lui que transitent les informations de l’hypothalamus vers les organes. De plus, le bulbe est muni d’un centre cardioaccélérateur (CCA).
En effet, de ce centre (CCA), l’information passe à la moelle épinière, puis au nerf spinal.Ce dernier relie la moelle épinière au système de conduction cardiaque. Ce nerf déverse sur le système de conduction cardiaque de l’adrénaline en situation de stress. Il est à noter que le nerf vague induit aussi l’information du CCA. L’adrénaline « amplifie » le travail du système de conduction cardiaque et augmente la force du muscle cardiaque. Le cœur bat alors plus vite et plus fort ce qui a une incidence sur la pression artérielle qui dès lors augmente. Ce processus vous donnera l’énergie nécessaire pour vaincre le stress que vous êtes en train de vivre.
Si on extrapole et qu’un stress vous suit depuis trop longtemps, voire depuis plusieurs années, il se peut que ce système producteur d’énergie s’épuise. Si le cœur n’a plus la force d’effectuer son travail, il y a de fortes chances que mort s’ensuive.
Note : Les palpitations cardiaques après un café sont des caprices du système de conduction cardiaque. La cocaïne, la caféine et l’éphédrine sont des agonistes de l’adrénaline. De plus, la nicotine stimule la production d’adrénaline.
À l’opposé, si vous êtes un dompteur d’ours et que vous êtes en train de cueillir des bleuets avec votre ours Yogi préféré, la réponse du centre psychosomatique ne sera sans doute pas la même.
Effectivement, si l’événement est jugé relaxant ou parasympathique, c’est le centre cardiomodérateur (CCM) du bulbe qui est mis à contribution par l’hypothalamus, et non le CCA. Le CCM transmet les influx nerveux, le message, au nerf vague. Ce même nerf que l’on surnomme le nerf # 10, conduit le message vers le système de conduction cardiaque. L’influx nerveux envoyé par le bulbe rachidien n’emploie pas le même chemin lorsque nous sommes en situation de détente ou de stress. En effet, ce nerf sort directement du bulbe rachidien et ne passe pas par la moelle épinière.
Lorsque l’influx nerveux est suffisamment près du cœur, le nerf vague inonde le cœur d’acétylcholine qui est un neurotransmetteur produit par les boutons terminaux des neurones du nerf vague. Les neurotransmetteurs d’acétylcholine sont déversé sur le système de conduction cardiaque en état de calme, de repos ou de relaxation. Le système de conduction ralentit sa fréquence, le cœur réduit ses battements, le myocarde force moins et la pression artérielle baisse.
Lorsque vous vous faites masser, il y a peu de chance que vous interprétiez le massage comme étant une rencontre imprévue avec un ours. De plus, les manœuvres, le lieu et la situation seront présents pour vous apaiser. Le massage est la technique de prédilection pour favoriser la détente. Ce relâchement musculaire et de l’esprit vous permettront de vous détendre et de diminuer votre stress, pour ainsi réduire le risque d’éventuels problèmes cardiovasculaires.