4. La science de la massothérapie
Le concept
Je crois qu’il serait fastidieux d’élaborer une définition simple, définitive et figée de ce qu’est la pratique de la massothérapie, le massage. Lorsqu’on crée une définition, nous encadrons, restreignons une idée ce qui amène une certaine mort de l’imagination et de la singularité que les individus possèdent. Il serait souhaitable qu’une certaine marge de manœuvre, une certaine latitude afin de laisser la massothérapie se développer dans un monde de plurivocité scientifique.
Comment définir
Nous pouvons définir le concept de la massothérapie par extension ou par intention. Premièrement, nous pouvons la définir par extension lorsqu’on a plusieurs pratiques de massothérapie et nous voulons trouver un concept qui permettra de réunir toutes ses pratiques. Deuxièmement, en intention, c’est l’antagoniste, qui ont élaboré un concept auquel la massothérapie devrait être représentée et ensuite on trouve les pratiques qui répondent au cadre dicté par le concept préalablement réfléchi.
Il faut être prudent lors de l’élaboration de la définition, car elle peut être restrictive et figer l’évolution souhaitable du concept de massothérapie.
La science étant une pensée dynamique, le fait de contenir la massothérapie dans une définition trop rigide et trop sévère, on pourrait finir par limiter son évolution qui la structure. Heureusement, la science de la santé ne se pratique plus comme à l’époque d’Hippocrate avec sa théorie des humeurs. L’évolution des concepts fait partie de la science, ainsi que le fait de trouver les règles qui les encadre.
Qu’est-ce que la massothérapie?
Selon moi, une réponse satisfaisante serait la mise en tensions de la liberté du massothérapeute. Une liberté artistique qui peut laisser parler le corps dans le mouvement des manœuvres, une liberté intrinsèque au massothérapeute qui pourrait être semblable à une danse élégante. Par un mouvement initié, il crée une œuvre le temps d’un massage.
De l’autre côté, il y a cette vraisemblance factuelle du réel qui nous commande. Le réel de la massothérapie n’est pas seulement une construction sociale. C’est cette main qui appuie sur la tension qui rend compte de la réalité. Ce geste ne peut pas être rejeté du monde scientifique.
À mon avis, tout se joue entre la liberté que le massothérapeute peut avoir dans son geste artistique de création et d’élaboration de son massage. Le bienfondé éprouvé du massage est déterminé par les faits et ce, la massothérapie peut s’introduire comme étant une discipline scientifique pouvant contribuer au réel de la médecine contemporaine.
Le massage, c’est sa grâce, c’est sa beauté, la pureté du geste et n’est pas le reflet de nos fantasmes. La massothérapie au Québec n’est pas qu’une construction sociale de guignols.
Malheureusement, dû à un manque de sérieux, de la magie en son sein, la massothérapie au Québec n’a jamais pu être mise à l’épreuve de l’expérience et n’a jamais pu être infirmée. Ces prosélytes rédigent et essaient de convaincre plus que ceux qui ont la connaissance. C’est pour cela qu’il faudrait un effort intellectuel, politique et économique.
Les théories en massothérapie sont évidemment des constructions, mais des constructions sous contrainte du réel, de la médecine et des études scientifiques.

La place de la massothérapie en science
Sans vouloir mettre une suprématie des sciences ou une certaine hiérarchie, je crois que chaque discipline a son propre chemin sans être supérieure à un ou à un autre, simplement égale aux autres, comme dans tous les autres domaines de recherche tels que la physiothérapie, l’ergothérapie ou la kinésithérapie en France.
Selon moi, ce qui spécifie la science c’est son aptitude à l’adaptation, à être en mesure de revenir sur les prémisses du savoir. Rien n’est immuable ou sacré lors de la pratique scientifique et en massothérapie tout doit toujours être remis en cause.
Ce texte est inspiré d’Aurélien Barrau.
Retour sur le premier article: 1. La massothérapie et la médecine au Québec