Les obligations professionnelles peuvent avoir un impact important sur la santé d’un individu à long terme. L’horaire de travail, qu’il soit de nuit ou rotatif, a des impacts sur le sommeil et peut le compliquer. Le fait de travailler de nuit force le corps à dormir au moment où l’horloge interne est conditionnée à garder le corps éveillé. Normalement, ce dernier est inhibe la sécrétion de cortisol, qui est une hormone de stress et de motivation, tout en augmentant la sécrétion de mélatonine qui est une hormone de sommeil.
Durant le travail de nuit, le cycle circadien est conditionné à faire l’inverse. Le travailleur sera moins alerte et souffrira davantage de somnolence. Il sera en effet prédisposé à dormir plutôt qu’à effectuer diverses tâches sollicitant ses processus cognitifs. Sans compter que la lumière du jour est certainement plus puissante que l’éclairage artificiel qui les milieux de travail. Il suffit une courte exposition à la lumière du jour, comme le retour à la maison, pour remettre l’horloge interne en place.
Pour le travailleur de nuit qui doit dormir de jour
Pour ces gens qui travaillent sur un quart de nuit, vous devriez bien protéger votre sommeil et en faire une priorité. Isolez le lieu où vous dormez de tous les éléments extérieurs qui pourraient troubler votre sommeil tel que la lumière, les bruits, la famille, etc. Pour se faire, placez un carton dans vos vitres, mettez des bouchons, informez vos amis et votre parenté de vos horaires de sommeil pour éviter qu’ils ne vous dérangent. Il est bien d’aménager son milieu de travail en manipulant la luminosité en augmentant, notamment, leur exposition à une lumière plus puissante. Au retour à la maison, il est conseiller de réduire son exposition aux rayons lumineux en privilégiant le port de lunettes fumées et en fermant de manière étanche les fenêtres de chambre avec un plexiglas ou du contre-plaquer afin de ne laisser aucune lumière pénétrée.
Il est conseillé d’aller immédiatement dormir à la fin du quart de travail de nuit. De plus, si vous vous réveillez en après-midi, évitez de rester au lit ou de vous acharner à vous rendormir. Il serait mieux de commencer sa journée et si le sommeil vous prend, tentez de faire une sieste de 15 à 20 minutes en fin d’après-midi ou en soirée avant d’aller travailler. Dans l’ensemble, chez les gens travaillant de nuit ou au quart rotatif, il semblerait que la durée totale de sommeil est plus courte, les réveils plus fréquents et la qualité de sommeil diminuée. Bien entendu, nous sommes tous différents des uns des autres. Chacun a ou développe une certaine résilience face au travail de nuit.
Le rôle du sommeil sur la régulation des émotions et de l’humeur.
Le manque de sommeil perdurant pendant de nombreux jours, ou même, l’absence de sommeil durant une nuit blanche affectera l’humeur de la personne qui sera changeante rapidement. Cette personne aura également une moins grande tolérance aux événements frustrants.
Les gens qui vivent de l’insomnie auront eux aussi des problèmes de régulation des émotions et de l’humeur. Ceci provoquera chez eux de l’irritabilité, une humeur oscillante et un sentiment déplaisant. Chez certains cas chroniques d’insomnie, les chances de vivre de la dépression augmentent.
On observe chez des gens qui ont un sommeil restreint de 4 à 5 heures par nuit, une détérioration progressive de leur humeur au cours de la même semaine. (Dinges et al., 1997).
Dans le même ordre d’idée, le manque de sommeil chez les médecins de garde, qui doivent des fois rester éveillés plus de 36 heures sans dormir, favorise l’émergence d’émotions négative. En effet, ces émotions sont en lien avec les événements de la journée, et leur humeur ou leurs émotions positives qui devraient être normalement renforçatrices sont moins affines.
Selon l’équipe de chercheurs (Gujar et al. 2010), leurs résultats suggèrent que le manque de sommeil pourrait augmenter la véracité et l’intensité des émotions négatives perçues telle que la peur et la colère devant une situation menaçante, soit de danger ou d’agression. Tandis que le sommeil permettrait à l’individu de répondre moins négativement après avoir été provoqué par une situation menaçante et permettrait aussi d’augmenter la sensibilité pour les expressions faciales plus positives telles que le bonheur. Bref, une personne qui n’a pas de carence de sommeil se verra moins négative devant une situation frustrante, est plus réceptive au bonheur.
D’autres chercheurs de Berkeley et d’Harvard ont mené une étude évaluant les capacités mnésiques suite à une privation de sommeil et eux aussi illustrent qu’avec l’absence de sommeil, il est plus difficile d’apprécier le positif.
Les effets du manque de sommeil sur la mémoire et la régulation des émotions
Le rôle du sommeil serait très important pour la consolidation des nouvelles informations apprises. Les études sur le manque de sommeil suggèrent qu’il serait beaucoup plus facile de garder en mémoire ou de ruminer des événements et émotions négatives. De plus, l’hypothèse soulève l’idée que les troubles de sommeil contribueraient aux déséquilibres de l’humeur et, sur une longue période, à l’accroissement de problèmes de santé mentale.
Conclusion
Nous devons bien dormir afin d’augmenter notre vigilance le jour et d’augmenter nos performances cognitives, telles que l’attention, la concentration et le temps de réaction. La situation inverse, soit le manque de sommeil, génère de la somnolence et perturbe les fonctions cognitives. De plus, le sommeil permet de consolider les nouveaux apprentissages. À l’inverse le manque de sommeil nuit à ce processus.
En effet, une carence de sommeil peut jouer négativement sur l’humeur et sur la régulation des émotions. Il y aurait un lien qui irait dans les deux sens, entre les problèmes de sommeil et les problèmes de santé mentale.
Gujar N, Yoo SS, Hu P, Walker MP. The unrested resting brain: sleep deprivation
alters activity within the default-mode network. J Cogn Neurosci 2010; 8:1637-48.