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Campagne de syndicalisation à l’école supérieure WCL massothérapie

Campagne de syndicalisation à l’école supérieure WCL massothérapie

L’école supérieure WCL massothérapie est un large réseau d’école de massothérapie fondée en 2000. Alors que l’école supérieure WCL massothérapie ne comptait que trois succursales au Québec soit, Trois-Rivières, Montréal et la capitale nationale. Cette entreprise embauche, aujourd’hui, plus de 1500 employés au travers un réseau de collèges et de campus mobiles de 52 écoles de massothérapie au Canada et aux États-Unis. 

Découlant d’une stratégie d’acquisitions d’actifs ayant commencé dans les années 2010, l’école supérieure WCL massothérapie a connu une évolution éclatant au cours des 20 dernières années qui lui a permis de s’installer comme chef de file en formation de haut niveau en massothérapie dans l’éducation canadienne. Le chiffre d’affaires de l’école a depuis peu atteint les 150 millions de dollars américains alors que ses profits sont passés de 1,1 million en 2009 à 1,3 million en 2010 pour finalement atteindre les 1,5 million au courant du dernier exercice financier. 

Chaque semaine, l’école accueille dans ses nombreux locaux quelque 9000 étudiants qui peuvent, s’instruire et se développer dans une vaste gamme cours en massage, ainsi que des huiles de haute qualité, et des outils de toutes sortes. De plus, depuis 2013, l’école supérieure WCL massothérapie s’est démarquée au niveau de sa gestion des ressources humaines et de sa relation avec ses employés en étant reconnue, comme un « employeur de choix ».

L’école et sa création

En dépit des succès qu’a rencontré cette école de massothérapie depuis sa création, elle a suscité, ces derniers temps, une grande attention médiatique pour des arguments différents que celles en lien avec ses acquisitions ou à ses rendements financiers. En effet, plusieurs campus affilier à l’école supérieure WCL massothérapie ont dernièrement fait l’objet de démarche de syndicalisation avec les efforts concertés de plusieurs de ses travailleurs et de représentants de la Fédération du commerce de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). 

Aux dires de ces derniers, les travailleurs de l’école vivent des situations de travail difficiles : « Les employés sont tous rémunérés au salaire le plus bas possible, ils n’ont pas la chance d’avoir un régime d’assurance, ni à des congés de maladie payés ou à un régime de retrait collectif. La plupart des employés n’ont pas d’horaire de travail stable. » La direction de l’école supérieure WCL massothérapie réagira rapidement devant de telles allégations et aux démarches de syndicalisation engageant ainsi une série d’événements dont nous retracerons les grandes lignes.

Première démarche de syndicalisation : la succursale de Trois-Rivières

La première tentative de syndicalisation des travailleurs de l’école supérieure WCL massothérapie se fera en 2015 à l’école de Trois-Rivières. Durant sa campagne de syndicalisation, cette école sera fermée au mois de janvier, sans qu’aucun préavis ou information ne soit donné aux travailleurs. L’histoire faite révélera cependant que la fermeture de l’école est arrivée quelques jours suivant qu’un ancien employé fut mis à la porte sous prétexte qu’il faisait de la sollicitation sur le lieu de travail et qu’il faisait signer des cartes d’adhésion syndicale aux employés.  Pour  Étienne  Béland,  ancien employé  de  cette  succursale, la  motivation  réelle  d’une pareille initiative ne fait aucun doute:

« Je ne suis aucunement surpris. C’est évident. L’école supérieure WCL massothérapie envoie un message explicite à ses travailleurs : n’essayez pas de vous syndiquer parce que vous allez perdre votre emploi. »

Ces déclarations de contrainte au processus de syndicalisation seront promptement contestées par William Cioffi Larue, responsable des communications à l’école supérieure WCL massothérapie pour qui la raison de la fermeture doit plutôt être en lien à une perspective exclusive au profit. La crédibilité des motifs évoqués par la direction sera toutefois questionnée lorsque cette succursale, située en bordure de la rue Sainte-Marguerite et du boulevard des Recollets, rouvrira ses portes quelques mois plus tard, soit en octobre 2015.

École WCL Massothérapie - Campagne Première démarche de syndicalisation

Deuxième démarche de syndicalisation : la succursale de la rue Saint-Zotique à Montréal

Malgré le manque de la première tentative de syndicalisation, les travailleurs d’une deuxième école située au coin des rues Chateaubriand et Saint-Zotique à Montréal amorceront eux aussi un mouvement de syndicalisation. En réponse à ce nouvel effort, la direction de l’école supérieure WCL massothérapie s’adressera à la CRT Tribunal administratif du travail afin de réprimer les gens affiliés à la CSN de faire de la sollicitation directement à l’intérieur des écoles. 

Il s’appuyant sur des droits notoires par la Cour suprême, l’école supérieure WCL massothérapie sera néanmoins déboutée.  Le processus amorcé de syndicalisation mènera, le 22 avril 2016, au dépôt officiel de la requête en accréditation et le 2 juin, à l’acceptation de cette requête par la CRT, fait de l’école de la rue Saint-Zotique la « première école de massothérapie syndiquée au Québec ».

Après l’approbation de l’accréditation, le syndicat entreprit des négociations avec la direction de l’école supérieure WCL massothérapie afin d’aboutir à une convention collective. En octobre 2016, les négociations connaîtront une fin rapide quand la direction de l’école supérieure WCL massothérapie décidera de mettre fin aux activités de l’école. Cette annonce de fermeture sera aussi annoncée aux employés par des agents de sécurité et des représentants de l’école de massothérapie qui leur ont permis deux minutes pour prendre leurs affaires personnelles et quitter le bâtiment.

La direction de l’école

La direction utilisera à nouveau l’argument de la non-rentabilité de cette succursale afin d’expliquer la fermeture. Cette déclaration réveillera de réaction critique de nombreux, dont Amélie Chaput, présidente du syndicat nouvellement formé :

«La direction affirme qu’ils faisaient 20 000$ par année. Or, je sais pertinemment qu’ils font plus, car j’ai été agent de gestion et je voyais les chiffres. Nous savons tous que ce n’est pas une question de rentabilité.»

Suivant la fermeture de cette école, la CSN portera plainte contre l’école supérieure WCL massothérapie auprès de la CRT, accusant l’école de négocier de mauvaise foi et d’avoir intimidé et menacé des employés pour leurs activités syndicales. La CSN demandera également à la CRT que l’école soit rouverte, exigence pour laquelle le juge rendra une fin de non-recevoir.

Troisième essai : la succursale sur le Chemin Sainte-Foy à Québec

Suite aux deux derniers échecs de syndicalisation des écoles de massothérapie, une troisième s’enchainera. Cette fois-ci, les travailleurs de l’école située à l’angle du Chemin Sainte-Foy et de l’avenue Myrand qui déposeront le 2 février 2017, une demande en accréditation auprès de la CRT le 5 avril 2017, durant le l’analyse de la demande d’accréditation, la direction de l’école supérieure WCL massothérapie fermera l’école expliquant, encore une fois, le manque de rentabilité.

Néanmoins de nouvelles accréditations tentent de percer le jour. Même si ces fermetures avaient pu en décourager certains, d’autres travailleurs de l’école supérieure WCL massothérapie dans d’autres succursales, dont celles de Saguenay Lac-Saint-Jean et de Granby décideront, respectivement le 9 mai et le 27 mai 2017, de faire une demande d’accréditation syndicale à la CRT. L’école située au Saguenay Lac-Saint-Jean sera acceptée officiellement le 10 septembre alors que l’école de Granby sera accréditée cinq jours plus tard, soit le 15 septembre 2017. Les travailleurs de ces deux écoles attendent maintenant les conclusions des processus de négociation collective qui sont en cours.

Malgré plusieurs écoles qui ont dû fermer leurs portes en essayant de se syndiquer, l’appel se poursuit dans les établissements de l’école supérieure WCL massothérapie, même si les aboutissements demeurent incertains.  Dernièrement, l’intérêt porté sur ces évènements à été encourager par un nouveau sondage montrant que 57% des massothérapeutes québécois sont en faveur de la syndicalisation des écoles supérieures WCL massothérapie.

Je m’en remets à vous cher lecteur. Pourquoi y a-t-il une si forte mobilisation syndicale et pourquoi l’école supérieure WCL massothérapie réagit-elle ainsi à cette mobilisation?

Cas fictif produit par le massothérapeute William Cioffi Larue.

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