8. La technique de stimulation veino-lymphatique P.D.D.E.
Le drainage lymphatique durant le massage peut se servir de la technique de stimulation veino-lymphatique Pression Digitale Doigts Écartés, afin d’obtenir des résulta positif. Cette technique de stimulation veino-lymphatique P.D.D.E fut créée par Jean Pierre Schiltz. J.P.Schiltz qui était un Kinésithérapeute-masseur français et pratiquait dans un cabinet libéral à Clichy. Ce masseur avait fait le pari que si le réseau lymphatique cutané superficiel était stimulé, il pourrait créer un réseau de suppléance lymphatique et favoriser la résorption dû à la mobilisation par le plus de tissus possible.
Cette méthode utilise les mêmes manœuvres que les autres techniques pour la vidange ganglionnaire et incorpore la stimulation du réseau lymphatique par la Pression Digitale Doigts Écartés (P.D.D.E.). La P.D.D.E. a pour objectif de créer un effet de cisaillement et d’étirement sur la surface drainée. C’est une approche globale du corps et la durée du traitement est d’environ de quarante-cinq minutes. Le drainage et les manœuvres de stimulations se font par l’activation des régions en faisant des allers-retours de la zone proximale à la zone distale.
Exemple
Exemple de drainage du membre supérieur droit ayant un lymphœdème secondaire.
- La stimulation ganglionnaire est faite en aller-retour sur débutant et se terminant par le ganglion sus claviers, les ganglions axillaires ainsi que les ganglions profonds abdominaux. Le côté homolatéral est drainé en PDDE vers les ganglions stimulés.
- L’évacuation ganglionnaire de la chaine cervicale transverse, de la chaine scapulaire inférieure gauche, de la chaine mammaire externe et de la chaine pariétale et la stimulation sont faites par PDDE sur le côté homolatéral. Le vidage des ganglionnaires se fait de bas en haut et se réalise de plusieurs aller-retour à chaque fois.
- Le client retourne en décubitus dorsal. La stimulation des ganglions est faite sur les mêmes zone de la première étape, ainsi que les ganglions rétro cruraux, les ganglions inguinaux et la voie de Mascagni. Ensuite l’application se fait sur le membre supérieur antérieur sans la main et le côté homolatéral.
- L’évacuation ganglionnaire ainsi que la stimulation en PDDE sont faites en décubitus latéral des mêmes régions que l’étape numéro deux.
- Enfin, on utilise la stimulation ganglionnaire de l’étape 1 soit : l’évacuation des ganglions sus claviers, des ganglions axillaires et des ganglions profonds abdominaux
Afin de mettre à jour l’efficacité de la méthode, J.P. Schiltz rédigea une étude sur la réduction du volume en utilisant un ruban à mesurer. Il montre que chez le groupe sain ainsi que le groupe à pathologie non traité il y a une diminution du volume ainsi que du périmètre du ruban à mesurer. L’étude montre que le repos favorise la diminution du volume de l’œdème du groupe sain, mais que cette rééducation est plus faible que celle du groupe traité par le drainage lymphatique manuel. Il conclut que sa technique est plus efficace que le repos seul.
8.1 La vision du drainage lymphatique commun de J-C. Ferrandez et de S. Theys
J-C. Ferrandez et de S. Theys sont tous les deux des kinésithérapeutes. Ferrandez travaille à l’institut Sainte Catherine à Avignon et quant à lui, Theys pratique au C.H.U. de Godinne en Belgique. Ce qui est intéressant avec leurs approches c’est qu’ils n’utilisent pas le drainage lymphatique manuel, mais bien plus tôt un drainage manuel commun au massage suédois ou californien. Le drainage manuel est une technique qui permet de traiter le lymphœdème. Par contre, cette seule technique n’est pas suffisante. Il faut la combiner avec d’autres techniques de décongestion tels que les bandages multicouches, la pressothérapie et l’éducation aux exercices. Ainsi le massothérapeute ajuste et choisit les différentes techniques en lien avec le type d’œdème à traiter.
Le drainage manuel s’inspire grandement des manœuvres de la méthode de Leduc et quelques ajustements sont fait. La vidange du canal thoracique ou un drainage en profondeur au niveau abdominal ne fait pas partie du protocole. Cependant les manœuvres de drainage peuvent suivre ou non les voies d’évacuation anatomique et les vois de substitution.

De plus, J.C. Ferrandez, S. Theys et J.Y Bouchet ne conseillent pas de faire des manœuvres d’appel en aval de l’œdème. L’idée est que drainage lymphatique manuel d’une durée de seize minutes permet seulement de réduire l’œdème de 1.8% avec une approche rétrograde contre 3.5% en antérograde.
Les auteurs conseillent de se servir de tractions sans axe définie à l’avance, car, en effet, le système lymphatique malade à tendance à devenir variqueux. La traction est alors appliquée lors de l’étape de résorption afin d’assouplir et favoriser la résorption.
L’œdème en drainage lymphatique P.D.D.E.
Tout au long du drainage, la pression est équilibrée dépendamment de la consistance de l’œdème. Lors d’un œdème souple quand la prise du godet est marquée, il est conseillé de faire une pression plus faible que si l’œdème est plus dur. Les auteurs conseillent aussi d’ajuster la pression en lien avec l’origine de l’œdème. Par exemple, si la vidange de la lymphe se fait difficilement due à un obstacle, la pression sera plus forte que si le système n’est pas entravé.
Lorsque l’œdème est fibrosé et que les manœuvres de drainage manuel ne fonctionnent pas, il est conseillé de mobiliser les tissus en appliquant des manœuvres aux quatre points verticales et horizontales.
Une panoplie de techniques s’offre au massothérapeute afin de rétablir au mieux les œdèmes. Pour un œdème au niveau de la main, il est préférable de faire un drainage manuel avec l’application de bandages de contention au lieu d’utiliser la pressothérapie avec un manchon qui sera inefficace. Lorsque le massothérapeute fait un drainage manuel, il faut prendre en considération les changements physiologiques dus à un œdème chronique. De plus, le raisonnement sous-jacent sera modifié dépendamment de l’origine et de la date de l’émergence de l’œdème.
Par exemple, lors d’un lymphœdème traumatique les manœuvres appliquées sont faites dans la douceur et seront dirigées dans le même sens du retour physiologique des vaisseaux lymphatiques. Par contre, lors d’un lymphœdème chronicisé dû à un curage ganglionnaire, par exemple, la pression sera continue, et ce sans direction prédéfinie sur le réseau lymphatique devenue variqueuse. Des manœuvres de stimulation seront faites sur le réseau de suppléance afin de faire circuler la lymphe.
Lien pour le premier module : http://wclmassotherapie.com/cours-de-drainage-lymphatique-manuel-dlm-gratuit/