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Humilité en massothérapie

8. Humilité en massothérapie

En massothérapie, chaque nouvelle technique en massage est plus précise que la précédente et si l’on regarde, en drainage lymphatique, avec la courbe expérimentale le point théorique s’en rapproche de plus en plus. Donc, oui, en quelques sortes, en termes heuristique, nous nous approchons d’une certaine vérité. Mais en terme ontologique, je ne crois pas que la massothérapie se rapproche de la vérité, car pour ce faire, cette science fonctionne par révolution pour chaque nouveau paradigme.

Cela ne veut pas dire que la massothérapie fait n’importe quoi, mais il faut la repenser avec une certaine prudence. Nous pouvons bien sûr renoncer au rapport de la massothérapie scientifique avec le réel et c’est un droit. Il faut comprendre qu’on a le droit, mais aussi comprendre et être conscient de tout ce que l’on perd, cette immense connaissance.

L’important, c’est l’instant présent du réel dans lequel nous nous trouvons géographiquement. Certains, défendront leur point par motif de raison idéologique et refuseront toutes formes de scientifisation de la massothérapie, perdant et atrophiant vraisemblablement le monde qui les entoure considérablement.

L’esprit scientifique en massothérapie

La massothérapie ne fait pas et ne dit pas n’importe quoi et c’est pourquoi, il me semble qu’il ne faudrait pas mépriser l’esprit scientifique.

Aujourd’hui, en massothérapie, il y a certaines branches qui tentent de définir le réel par une narcissisassions du réel ou un entroposcentrisation du réel. Si nous prenons, par exemple, la spiritualité dans ce milieu qui est, selon moi, tout à fait respectable, mais ce que la science peut nous faire comprendre par les neurosciences, c’est que certaines parties du réel sont le reflet de nos angoisses, nos fantasmes, de nos attentes, de nos inquiétudes et je pense que ces modes de pensées ne doivent pas être reclus, abandonnés ou méprisés, bien au contraire.

On voit ici, une forme de création de productions des modes de l’esprit qui sont à, mon humble avis, légitime et louable. Mais, il me semble que ces gens-là perdent quelque chose de la vraisemblance du réel, ce qui se présente à nous, par un geste naturel scientifique.

Ce qu’on dévoile, avec la science, en massothérapie, c’est que le monde qui nous entoure n’est pas que le reflet de nos fantasmes. C’est quelque chose d’extrinsèque à nous et qui peut très bien ne pas être en adéquation avec nos attentes. Je pense que le massothérapeute doit être humble dans cette situation et que nous ne devrions pas renoncer à cette humilité.

Humilité en massothérapie : Un geste noble du massage

Le cœur fondamental

Je pense que la démarche scientifique est le cœur fondamental en massothérapie qu’on ne doit pas laisser de côté et qu’il y a autre chose que nos croyances et notre foi que nous décidons d’y instiller. Le réel ne se réduit pas seulement au geste d’appréhension scientifique autant que les arts, la danse, la musique et j’en passe.

Je pense que la massothérapie devrait avoir conscience de ses propres limites et c’est avec cette conscience qu’elle peut travailler la limite de ses actions.

Selon moi, en massothérapie, il est possible d’avoir divers champs de compétences et qu’il serait regrettable que la science puisse prendre toute la place dans cette communauté. Je crois qu’il serait regrettable que nous ne nous donnions pas la permission d’explorer ces voies alternatives.

Aujourd’hui, la massothérapie n’est plus la même qu’à l’âge védique en Inde, voyant l’apparition de la médecine ayurvédique, à l’âge de bronze chinois avec l’élaboration du massage TuiNa, ou à l’antiquité égyptienne ou grec du massage. À mon avis, cette science a su évoluer et redéfinir ses règles et c’est ce avec quoi il faut aujourd’hui composer, sans toutefois vouloir le rendre toujours et encore plus classique.

La technique

L’essence même du massage est de prodiguer les manœuvres par rebroussement, par approximation, par non-dit. Il va sans dire que nous négligeons sur notre parcours certaines imperfections, et ce non pas parce que l’on travaille mal, mais plus parce qu’il faut le faire. Durant la pratique, on oublie certaines parties qui par la suite se réinvite inévitablement dans le paradigme du massage suédois, shiatsu, lumi lumi et bien d’autres. Parfois, on coupe les coins rondement alors que à d’autres moment, c’est une construction complexe. On va de l’avant et de l’arrière ce qui nous permet d’établir un nombre impressionnant de possibilités à sonder.

Conclusion

Je me dis qu’en massothérapie, il pourrait y avoir tellement d’autres postures ou de lignes directrices, si ces dernières pouvaient être suffisamment étudiées scientifiquement. Je ne suis pas en train de dire que tout est vrai, que tout s’équivaudrait. Je pense que l’expérience à la puissance de nous guider et que la cohérence scientifique puisse bien nous encadrer, mais rien ne me semble dire qu’il faut absolument s’attacher à une massothérapie unique et uniforme.

Je crois qu’il ne soit pas impossible que différentes approches de cette même science puissent voir l’émergence de différentes théories et je crois même possible que différentes approches en massothérapie qui sont non équivalentes, travaillant sur différentes approches, puissent décrire simultanément la massothérapie. Je pense que ce qui marque la massothérapie c’est le geste scientifique qui en découle et, qui est en sorte, une tentative de scruter le réel autrement que par le prisme de nos désirs. C’est un geste noble empli d’humilité.

Je crois que ce geste d’humilité n’est possible que si une certaine arrogance est faite par l’entremise de la construction de notre communauté que nous opérons. Je crois qu’en science de la santé, il serait peut-être temps, aujourd’hui, d’essayer de faire face à une plurivocité d’approches.

Ce texte est inspiré d’Aurélien Barrau.

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